Pourquoi je ressens sans pouvoir expliquer ?
- Anne Louvel
- 27 janv.
- 2 min de lecture

Il y a des choses que je sais sans savoir comment je les sais.
Des évidences qui ne passent ni par la logique,
ni par les mots.
Elles arrivent comme des sensations.
Des images, des phrases.
Un apaisement soudain.
Une certitude douce, mais ferme.
Longtemps, j’ai cherché à expliquer.
À traduire.
À rendre acceptable ce qui se présentait à moi sans mode d’emploi.
On m’a demandé “pourquoi”.
Comment tu sais ?
Sur quoi tu te bases ?
Je n’avais pas de réponse satisfaisante.
Alors j’ai douté.
J’ai cru que ressentir sans expliquer,
c’était manquer de rigueur.
Être floue.
Être trop.
Avec le temps, j’ai compris autre chose.
Ressentir est un langage.
Un langage ancien.
Un langage qui ne se démontre pas, mais qui se reconnaît.
Le corps sait avant la tête.
Le cœur perçoit avant les mots.
Et certaines vérités n’ont pas besoin d’être prouvées pour être justes.
Nous vivons dans un monde qui valorise ce qui se mesure.
Ce qui s’argumente.
Ce qui se justifie.
Mais il existe une intelligence plus subtile.
Celle qui capte.
Qui ressent.
Qui relie.
Ressentir sans expliquer, ce n’est pas être perdu(e).
C’est être connecté(e).
À soi.
Aux autres.
Au vivant.
Si tu ressens profondément,
si tu sais sans pouvoir toujours dire pourquoi,
ce n’est pas un défaut à corriger.
C’est une sensibilité à apprivoiser.
Un langage à respecter.
Une boussole intérieure à honorer.
Tu n’as pas à convaincre.
Tu n’as pas à te justifier.
Tu n’as pas à traduire ce qui parle déjà juste en toi.
Il y a des choses qui n’ont pas besoin d’explication.
Elles demandent seulement d’être écoutées.
Affectueusement,
Anne
La maison reste ouverte.
Reviens quand le cœur t’en dira.




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