Pourquoi certaines pertes me traversent encore ?
- Anne Louvel
- 27 janv.
- 2 min de lecture
On croit souvent que le temps apaise.
Qu’il referme.
Qu’il range les choses dans un endroit plus supportable.
Mais certaines pertes ne se rangent pas.
Elles circulent.
Elles traversent les saisons, les corps, les âges.
Elles changent de forme, mais pas de présence.
Il y a des absences qui deviennent des compagnons invisibles.
Pas douloureux en permanence.
Pas envahissants.
Juste… là.
On dit parfois : « tu devrais passer à autre chose ».
Comme si l’amour avait une date de péremption.
Comme si le lien devait mourir avec le corps.
Mais certaines relations ne s’arrêtent pas.
Elles se déplacent.
Elles quittent le visible pour s’installer ailleurs.
Dans une sensation soudaine.
Un souvenir qui surgit sans prévenir.
Un frisson qui n’a pas besoin de raison.
Je n’ai jamais vraiment “fait mon deuil” au sens où on l’entend.
Je l’ai apprivoisé.
Transformé.
Intégré.
Il y a des pertes qui ne demandent pas à être oubliées,
mais honorées.
Parce qu’elles ont laissé une empreinte.
Parce qu’elles ont modifié notre façon d’aimer.
Parce qu’elles ont ouvert un espace à l’intérieur que rien d’autre ne pouvait ouvrir.
Quand une perte continue de te traverser,
ce n’est pas forcément que tu es bloqué(e).
C’est peut-être que ton cœur est resté fidèle.
Fidèle à un lien vrai.
À une histoire qui a compté.
À une présence qui a participé à te construire.
Certaines âmes ne passent pas.
Elles s’inscrivent.
Et si tu ressens encore ces absences comme des vagues,
ce n’est pas un échec.
C’est une preuve de profondeur.
Tu n’es pas en retard.
Tu n’es pas trop sensible.
Tu es simplement vivant(e).
Et peut-être que le véritable apaisement ne vient pas du fait de ne plus ressentir,
mais de ne plus se juger pour ressentir encore.
Affectueusement,
Anne
La maison reste ouverte.
Reviens quand le cœur t’en dira.








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